Elle permet ainsi d’obtenir une récupération visuelle généralement plus rapide et d’envisager la correction de myopies importantes, pouvant aller de -6 à -9,50 dioptries.
Pour quelles myopies ?
Le LASIK a initialement été développé pour traiter les myopies importantes, notamment au-delà de -6 dioptries et jusqu’à environ -9,50 dioptries. Avec l’expérience acquise et l’évolution des techniques, cette méthode peut également être proposée pour certaines myopies moyennes et, dans certaines situations, pour des myopies plus faibles.
Principe de l’intervention
L’intervention se déroule en deux étapes principales :
- Création du volet cornéen : une fine lamelle de cornée est découpée à l’aide d’un microkératome automatisé. Une petite zone appelée charnière reste attachée à la cornée afin de permettre au volet d’être soulevé puis repositionné. Cette lamelle représente environ 25 % de l’épaisseur cornéenne et donne accès aux couches profondes de la cornée, appelées stroma cornéen.
- Correction au laser : le laser excimer est ensuite appliqué sur le stroma afin de remodeler la cornée en fonction de la correction nécessaire. Une fois le traitement terminé, le volet cornéen est replacé dans sa position initiale. Il adhère naturellement à la surface sous-jacente et ne nécessite généralement aucune suture. L’ensemble de l’intervention est très rapide, durant habituellement quelques minutes.
Déroulement de l’intervention
- La région autour de l’œil est soigneusement désinfectée avec un antiseptique. Quelques minutes avant l’intervention, des gouttes anesthésiantes sont instillées dans l’œil. Cette technique ne nécessite généralement pas d’injection anesthésique.
- Les cils sont isolés à l’aide d’un champ opératoire, puis un écarteur est placé afin de maintenir les paupières ouvertes pendant l’intervention.
- Un microkératome automatisé, équipé d’une lame extrêmement fine et à usage unique, permet de réaliser le volet cornéen. Un anneau de succion est placé sur l’œil afin de le stabiliser et de guider l’instrument. Cette étape peut provoquer une légère sensation de pression et une disparition momentanée de la perception lumineuse, phénomène normal qui ne doit pas inquiéter le patient.
- Une fois le volet créé, l’anneau de succion est retiré et la perception de la lumière revient. Le volet est ensuite soulevé en conservant sa charnière. Le traitement au laser commence alors dans le stroma. Pendant cette phase, le patient doit fixer une cible lumineuse.
- Le traitement laser dure généralement entre 30 et 120 secondes. Après son achèvement, la zone située sous le volet est soigneusement rincée avec du sérum physiologique, puis le volet est repositionné. Il adhère spontanément à la cornée en quelques minutes et aucune suture n’est normalement nécessaire.
- Des gouttes antibiotiques sont ensuite administrées et une coque transparente protectrice peut être placée sur l’œil. Un contrôle est effectué peu après l’intervention afin de vérifier la bonne position et la bonne adhérence du volet. Le patient peut ensuite rentrer chez lui et un nouveau contrôle est généralement réalisé le lendemain.
La période postopératoire
Le LASIK ne retire pas directement l’épithélium superficiel de la cornée. C’est notamment pour cette raison que les suites sont généralement très peu douloureuses, contrairement aux techniques de laser de surface.
Une sensation de corps étranger, comparable à la présence de poussière dans l’œil, ainsi qu’un larmoiement peuvent néanmoins être ressentis. Cette gêne reste habituellement limitée aux premières heures suivant l’intervention.
Des collyres antibiotiques peuvent être prescrits plusieurs fois par jour pendant une période déterminée par le chirurgien. Ils peuvent éventuellement être associés à un traitement anti-inflammatoire à base de corticoïdes.
Afin d’éviter tout déplacement du volet cornéen, il est essentiel de ne pas se frotter les yeux pendant la période de cicatrisation. Le port d’une coque protectrice pendant la nuit peut ainsi être recommandé durant les premières semaines.
L’amélioration de la vision est généralement rapide et peut commencer à être constatée dans les heures qui suivent l’intervention. La reprise d’une activité professionnelle est souvent possible après un à deux jours, selon l’évolution individuelle.
Lorsque les deux yeux doivent être opérés, l’intervention du second œil peut être envisagée après un délai déterminé par le chirurgien, généralement d’une à deux semaines. Durant cette période, une paire de lunettes avec un verre neutre devant l’œil traité peut être utilisée. Chez les patients fortement myopes, une lentille sur l’œil non opéré peut également permettre de réduire la différence de correction entre les deux yeux.
Les effets secondaires
Les effets secondaires sont généralement limités, notamment parce que la surface de la cornée est préservée. Une sensibilité accrue à la lumière ou une tendance à l’éblouissement peuvent néanmoins apparaître après l’intervention et diminuent habituellement au fur et à mesure de la cicatrisation.
Une exposition importante au soleil et aux rayons ultraviolets doit être évitée pendant la période recommandée par le chirurgien.
Certains patients, notamment ceux présentant une forte myopie, peuvent également observer des halos autour des lumières la nuit ou une adaptation moins confortable à l’obscurité. Ces phénomènes ont tendance à s’atténuer progressivement avec le temps.
Les complications possibles
Comme pour toute intervention chirurgicale, le risque zéro n’existe pas.
La principale difficulté spécifique au LASIK concerne la réalisation et la manipulation du volet cornéen. Celui-ci peut exceptionnellement être totalement séparé de la cornée, mais il peut généralement être repositionné sans nécessiter de suture.
Une prolifération de cellules épithéliales sous le volet peut également apparaître. Lorsqu’elle est importante, un nettoyage chirurgical de cette zone peut être nécessaire.
Une découpe irrégulière du volet peut exceptionnellement entraîner une modification de la forme de la cornée et provoquer un astigmatisme, susceptible de réduire la qualité de la vision. Le traitement de cette complication peut être plus complexe.
Des problèmes comparables peuvent exceptionnellement apparaître lorsque le traitement laser n’est pas parfaitement centré. L’utilisation de systèmes d’eye-tracking, capables de suivre les mouvements de l’œil pendant le traitement, permet de limiter ce risque.
Une infection constitue une complication extrêmement rare mais potentiellement sérieuse. Des traitements antibiotiques locaux peuvent être prescrits autour de l’intervention afin de réduire ce risque.
Ces complications restent rares et leur fréquence dépend notamment de la technique utilisée, du matériel et de l’expérience du chirurgien.
Le bon fonctionnement du microkératome constitue également un élément important de la sécurité de l’intervention. Le matériel doit être contrôlé avant chaque opération. En cas de problème technique, même mineur, le chirurgien peut décider de reporter l’intervention.
Le suivi médical
Un suivi ophtalmologique régulier est nécessaire après l’intervention. Des contrôles peuvent notamment être réalisés chaque mois au cours des trois premiers mois afin de surveiller la cicatrisation, l’évolution de la vision et le résultat obtenu.
Les résultats visuels
Le résultat dépend notamment du degré initial de myopie, de l’état de la cornée et de la réponse individuelle à la chirurgie.
Pour les myopies inférieures à -6 dioptries, une proportion importante de patients peut obtenir une vision permettant de se passer de lunettes ou de lentilles. Pour les myopies plus importantes, entre -6 et -10 dioptries, une amélioration visuelle significative peut également être obtenue, même si une correction résiduelle peut parfois persister.
La sous-correction est d’autant plus susceptible de survenir que la myopie initiale est importante. Lorsqu’une correction complémentaire est nécessaire, un retraitement peut parfois être envisagé après évaluation de la stabilité de la vision et de l’état de la cornée.
Le principe du retraitement consiste généralement à soulever à nouveau le volet cornéen afin d’effectuer une nouvelle correction laser sur la myopie résiduelle. Une anesthésie locale par gouttes suffit habituellement.
Lors d’un éventuel retraitement, le volet est délicatement soulevé puis déplacé sur le côté afin d’accéder à la zone à traiter. L’interface est ensuite soigneusement nettoyée avant de remettre le volet en place.
Les résultats des retouches peuvent être satisfaisants lorsqu’elles sont indiquées. La possibilité d’un retraitement dépend toutefois de nombreux paramètres et doit être évaluée individuellement par le chirurgien.
Les questions les plus fréquentes
1 – Existe-t-il des contre-indications ?
Oui. Certaines situations peuvent empêcher la réalisation d’une chirurgie réfractive.
- La myopie doit être stabilisée. Une intervention n’est donc généralement pas envisagée avant la fin de la croissance, habituellement vers 20-21 ans.
- Certaines maladies oculaires, notamment le glaucome, le décollement de rétine, le kératocône, l’uvéite, certaines atteintes sévères de l’épithélium ou certains antécédents d’herpès oculaire, peuvent constituer des contre-indications.
- Comme toute chirurgie, la chirurgie réfractive comporte un risque. Une prudence particulière est donc nécessaire lorsque le patient ne dispose que d’un seul œil fonctionnel.
- Certaines maladies inflammatoires ou auto-immunes peuvent compromettre la cicatrisation et doivent être prises en compte avant toute décision opératoire.
- Une intervention est généralement déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.
- Le kératocône, maladie évolutive pouvant modifier progressivement la forme de la cornée, constitue une contre-indication importante à cette chirurgie.
2 – Peut-on attendre un résultat parfait après une chirurgie réfractive ?
Non. Il est essentiel d’avoir des attentes réalistes avant l’intervention.
- La décision doit être prise après avoir évalué avec l’ophtalmologiste les bénéfices attendus, les limites de la technique et les risques éventuels.
- L’objectif principal est de réduire ou supprimer la dépendance aux lunettes ou aux lentilles, mais le résultat ne garantit pas nécessairement une acuité visuelle parfaite sans correction.
- La chirurgie réfractive ne permet pas de supprimer la presbytie liée à l’âge. Après 40 ans environ, le port de lunettes pour la vision de près peut donc rester nécessaire.
3 – Quelles peuvent être les motivations pour se faire opérer ?
- Professionnelles : certaines activités peuvent être rendues plus difficiles par le port de lunettes ou de lentilles, notamment dans certains métiers liés à la sécurité, au transport ou à l’aviation.
- Sportives : pour certaines disciplines, les lunettes ou les lentilles peuvent être contraignantes ou difficiles à utiliser.
- Esthétiques : certaines personnes souhaitent réduire leur dépendance aux lunettes ou aux lentilles pour des raisons personnelles et esthétiques.
- Intolérance aux lentilles : lorsque les lentilles ne sont plus bien supportées et que le retour au port permanent de lunettes est difficile à accepter, une chirurgie réfractive peut être discutée.
4 – Combien de temps faut-il pour réfléchir ?
Le temps de réflexion est une étape essentielle avant toute intervention.
- Le chirurgien remet au patient les informations nécessaires concernant la technique envisagée, ses bénéfices, ses limites et ses risques.
- Le patient doit prendre le temps de lire ces informations et de poser toutes les questions nécessaires à son ophtalmologiste afin de prendre une décision éclairée.
- Après avoir décidé de se faire opérer, le patient devra donner son consentement à l’intervention selon les modalités prévues par le chirurgien.
5 – Des examens sont-ils nécessaires avant l’intervention ?
Oui. Le bilan préopératoire est indispensable afin de déterminer si la chirurgie est adaptée et de choisir la technique la plus appropriée.
- Les examens permettent notamment d’évaluer précisément la correction visuelle et l’état général de l’œil.
- Le port des lentilles de contact doit être interrompu avant le bilan. Le délai dépend du type de lentilles : généralement environ 10 jours pour les lentilles souples et 15 jours pour les lentilles rigides.
- Une mesure précise de la réfraction est réalisée. Des gouttes peuvent être utilisées afin de neutraliser temporairement l’accommodation et d’obtenir une mesure fiable du défaut visuel. Un examen du fond de l’œil peut également être effectué.
- La topographie cornéenne permet d’étudier la forme et la courbure de la cornée. Elle peut notamment révéler certaines irrégularités ou rechercher des signes évocateurs d’un kératocône.
- Une mesure de l’épaisseur cornéenne est également réalisée. Cette donnée est essentielle puisque le laser excimer agit directement sur le tissu cornéen et que l’épaisseur disponible doit être suffisante pour envisager le traitement dans de bonnes conditions.